2 février 2010, 20 h 56 min
En anglais, « free » signifie à la fois « libre » (comme dans freedom, liberté) et « gratuit » (comme dans free sample, échantillon gratuit). Cette ambiguité a toujours rendu la vie difficile aux personnes qui tentent d’expliquer ce qu’est le logiciel libre ou le contenu libre. Un logiciel libre n’est pas forcément gratuit, et un logiciel gratuit n’est pas forcément libre.
Les francophones s’estiment souvent bien contents de ne pas avoir ce problème d’ambiguité ; expliquer ce qu’est une licence libre est suffisamment compliqué pour ne pas, de surcroît, rajouter des ambiguités sémantiques.
Le problème est que les francophones ont leur propre ambiguité, basée sur l’expression « libre de droits ». « Libre de droits » est une traduction de l’anglais « royalty-free » qui désigne un système de gestion des redevances, utilisé dans le domaine de l’édition et de la presse. Il s’oppose généralement au système de « droits gérés » (« rights managed », en anglais). Aucun de ces termes n’est synonyme de « gratuit ». Il faut payer l’auteur pour utiliser une œuvre « libre de droits » ou soumise à un système de « droits gérés ». « Libre de droits » ne veut pas non plus dire « domaine public ». Tentative d’explication :
- Œuvre « libre de droits », ou plus exactement, « libre de redevance » : chaque utilisateur paye à l’auteur, une fois pour toutes, une redevance unique. En échange, l’auteur autorise l’utilisateur à utiliser l’œuvre autant de fois qu’il veut. L’utilisateur est cependant lié par un contrat qui lui est propre ; si un autre utilisateur veut utiliser l’œuvre, il doit également s’acquitter d’une redevance envers l’auteur.
- Œuvre soumise aux droits gérés : chaque utilisateur négocie avec l’auteur une compensation financière pour chaque utilisation.
- Œuvre sous licence libre : l’auteur autorise explicitement tout utilisateur à réutiliser l’œuvre, autant de fois qu’il veut, pour tout usage, y compris commercial : quiconque est libre de rediffuser l’œuvre, de la modifier, de la vendre, etc. L’autorisation est donnée a priori par l’auteur, et il n’est pas nécessaire de lui demander sa permission pour utiliser l’œuvre.
- Œuvre dans le domaine public : l’œuvre n’est plus protégée par le droit d’auteur (en France, parce que l’auteur est mort depuis plus de 70 ans). Quiconque peut donc réutiliser l’œuvre comme il lui plaît.
Dans les articles de presse consacrés à Wikipedia ou Wikimedia Commons, les média parlent souvent de contenu « libre de droits » quand, en réalité, ils veulent parler de licence libre. L’erreur est facile à commettre, en particulier pour les journalistes et les maisons d’édition, qui ont souvent recours au système de redevance ou de droits gérés (ou alors, ils abusent de la mention « droits réservés »).
Ça n’en reste pas moins une erreur.
Notes
1 février 2010, 19 h 28 min
Le Multimedia usability project suscite l’intérêt de nombreux Wikimédiens, et les questions posées sont très souvent les mêmes. Je voudrais répondre à autant de personnes que possible, mais d’un autre côté je dois aussi limiter le temps passé à communiquer avec la communauté. Un bon medium pour ce genre de questions/réponses est les « IRC office hours », un rendez-vous hebdomadaire durant lequel un employé de la Wikimedia Foundation répond aux questions qui lui sont posées sur IRC.
Par conséquent, je serai disponible sur IRC pour répondre aux questions relatives au Multimedia usability project ce jeudi 4 février 2010 à 17h00 UTC. Vous pouvez utiliser l’outil Fixed time world clock pour vérifier l’heure dans votre fuseau horaire (il sera 18h à Paris). Rejoignez-nous sur le canal #wikimedia-office sur Freenode en utilisant votre client IRC favori; vous pouvez également utiliser une passerelle web IRC comme le webchat de Freenode ou la passerelle du Wikizine. Choisissez un nom d’utilisateur et entrez le nom du canal (channel: #wikimedia-office).
La séance de questions/réponses sera en anglais.
27 janvier 2010, 3 h 56 min
Les dernières semaines ont été assez occupées pour moi. J’ai notamment déménagé de Toulouse, en France, pour San Francisco, en Californie. Ce déménagement est la conséquence de mon recrutement par la Wikimedia Foundation (l’organisation derrière Wikipedia) où je travaille maintenant comme Product Manager pour le projet de Multimedia Usability.
Ma connexion Internet personnelle vient tout juste d’être installée ; les articles sur ce journal devraient donc retrouver un rythme plus régulier. J’ai quelques brouillons en cours de rédaction, ainsi que de nombreuses informations liées à mon travail à la Fondation. En attendant, je vous invite à lire le résumé publié aujourd’hui sur le blog de la Wikimedia Foundation (en anglais).
18 novembre 2009, 17 h 32 min
Dans le cadre du projet Multimedia Usability, qui vise à rendre plus facile l’utilisation de Wikimedia Commons et le processus d’import de fichiers multimedia dans Wikipedia, je cherche des personnes habitant sur Paris ou Toulouse, disponibles cette semaine ou la semaine prochaine, qui accepteraient de me recevoir pour une courte discussion d’une heure maximum. L’objectif est que vous me montriez comment vous utilisez Commons ou quels sont les problèmes que vous rencontrez pendant son utilisation.
Je recherche en particulier des utilisateurs avec les profils suivants :
- Utilisateurs réguliers de Commons
- Utilisateurs de Wikipedia n’utilisant Commons que de temps en temps, ou jamais
- Photographes utilisant d’autres sites de partage de photos (par exemple flickr) mais pas Commons.
Si cela vous intéresse, je vous invite à vous inscrire ci-dessous ou à me contacter en privé par e-mail à l’adresse gpaumier <remplacez ceci par un arobase> wikimedia.org. Si vous avez un autre profil mais souhaitez vous inscrire, n’hésitez pas.
J’aimerais souligner que l’amélioration de Commons dépend vraiment de la connaissance que nous avons des utilisateurs. Sans votre aide, nous ne pouvons pas aller très loin.
Merci d’avance !
7 novembre 2009, 15 h 03 min
Vous avez peut-être remarqué une baisse significative du rythme de publication sur ce journal depuis quelques semaines. De façon générale, je ne publie un article que quand j’ai quelque chose à dire, et pas uniquement parce que c’est bon pour le pagerank. Cependant, dans les dernières semaines, ce n’est pas le manque de sujets qui m’a retenu, mais plutôt le manque de temps.
En effet, depuis le 13 octobre, je travaille à temps plein pour la Wikimedia Foundation en tant que Product manager pour le projet de Multimedia Usability. Il vise à améliorer l’ergonomie de Wikimedia Commons et du processus d’import de fichier (qui en ont bien besoin), afin de rendre plus facile la participation et le partage de fichiers multimedia sur Commons (et Wikipedia). Sous le nom barbare de Product manager se cache tout simplement le travail consistant à analyser les besoins des utilisateurs, identifier les problèmes majeurs et élaborer les spécifications et améliorations du système ; en un mot, effectuer le design au sens large. L’implémentation logicielle est ensuite confiée à un développeur, qui constitue la deuxième moitié de l’équipe constituant le projet.
Le projet de Multimedia Usability, qui doit durer un an, est réalisé grâce à une bourse obtenue par la Wikimedia Foundation auprès de la Ford Foundation. Je travaille pour le moment à distance, en attendant de déménager à San Francisco, où sont situés les bureaux de la Wikimedia Foundation. Le déménagement devrait avoir lieu début décembre, selon le délai que mettra le visa à être approuvé.
Je suis bien entendu extrêmement content de pouvoir travailler à améliorer Commons, qui est probablement mon projet préféré. Wikipedia m’a amené à travailler sur Commons et, comme je le disais il y a quelques temps, Commons m’a amené à vraiment m’intéresser à la photographie (et d’après les commentaires, je suis loin d’être le seul Wikimédien qui soit devenu photographe grâce à Commons).
Pour en savoir plus sur le projet Multimedia Usability, vous pouvez consulter l’espace dédié sur le wiki de l’équipe Usability. Tout le travail effectué et prévu y est documenté afin de permettre l’information et l’implication des personnes qui le souhaitent. Je vais également publier plus souvent des articles liés au projet sur mon journal en anglais, étant donné que le lectorat potentiel est international.